le lexique de l'imitation dans le TLF
Le lexique de l’imitation dans le TLF
IMITER, verbe trans.
I. [Le suj. désigne un animé]
A. [Le suj. désigne une pers. ou un animal]
1. [L'obj. désigne également un animé ou, plus fréq., son comportement, un de ses moyens d'expression] Faire ou s'efforcer de faire (ce que fait une personne ou un animal) dans le seul but de reproduire dans sa particularité (une attitude, un comportement, une façon de s'exprimer). Synon. copier, simuler (qqn, qqc.), répéter (qqc.). Imiter les manières, les gestes. Quelques oiseaux peuvent imiter les accents de l'homme, comme le perroquet, la pie, le corbeau, etc., mais ils ne s'en servent pas d'eux-mêmes (BROUSSAIS, Phrénol., leçon 17, 1836, p. 618). J'imitais donc sa réserve, et, comme j'étais assise à côté de lui, notre silence, dans l'animation générale, formait un petit îlot de froideur (GIDE, École femmes, 1929, p. 1257) :
1. ... les yeux proéminents, les joues gonflées, un bout de langue violette entre les dents serrées, elle tâchait d'imiter l'image qu'elle se faisait d'une personne noyée.
SCHWOB, Monelle, 1894, p. 50.
Emploi abs. :
2. ... assis au fond d'une barque amarrée, j'attendais le vol approcher. Hubert, quand il fut bien caché, commença d'appeler le canard. Il employait à cet effet deux pipeaux : l'un d'appel, l'autre de réponse. Le voilier lointain entendait; il entendait cette réponse : le canard est si bête qu'il la croyait de lui; de sorte qu'il arrivait vite pour l'avoir faite, chère Angèle. Hubert imitait parfaitement.
GIDE, Paludes, 1895, p.135.
Emploi pronom. passif :
3. ... c'est justement qu'on peut contrefaire l'apparence sans avoir l'essence, c'est qu'imiter [it. ds le texte] est toujours « paraître » et qu'on n'imite l'« être » que si l'on est à son tour et pour sa part. C'est pourquoi la mimique, fût-elle pantomime, n'est jamais que mimique, c'est-à-dire à la fois imitation (ou mimétique) et gesticulation... Ressembler, n'est-ce point sembler sans être? Les gestes et conduites s'imitent, mais l'impalpable intention, comme l'amour lorsqu'il est sincère, s'éprouve toujours pour la première fois.
JANKÉL., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 154.
[P. méton du suj.] Ses gestes imitent ceux de qqn. Qu'est-ce qui ne va pas? dit Dubreuilh d'une voix qui imitait à merveille la sollicitude (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 239).
2. En partic. [Avec une intention de moquerie] Synon. mimer, parodier, singer (fam.), caricaturer. Servigny, un peu gris, imitait l'ouvrier pochard, appelait la marquise la patronne (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Yvette, 1884, p. 547). J'en refaisais moi des grimaces, je me les imitais tout seul! Je me refaisais la gueule à Antoine, pendant qu'il chiait aux cabinets (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 302).
3. [L'obj. désigne un bruit, un phénomène naturel] Reproduire aussi fidèlement que possible. L'ingénieur-géophysicien a imité les tremblements de terre par des explosions et créé ainsi des ondes artificielles (ROTHÉ, Géophys., 1943, p. 300).
B. [Le suj. désigne une pers.; l'obj. désigne une pers. ou un comportement considérés comme un exemple]
1. Adopter les façons de, se conformer à l'exemple de. Synon. aller sur les brisées, les traces de qqn, marcher sur ses pas; suivre son exemple, sa trace. Imiter ses ancêtres, un maître, les anciens; imiter le courage de qqn; imiter beaucoup, tout, l'essentiel de qqn. Peuple qui a beaucoup imité d'un autre. Imitez le Juif qui ne perd jamais son temps à venger des blessures d'amour-propre. Il prend les hommes comme des faits. On ne se venge pas d'une tuile qui tombe (BARRÈS, Cahiers, t. 9, 1911, p. 141). Modèle unique, où toute femme trouvera de quoi imiter, tout homme de quoi comprendre et aimer toute femme (ALAIN, Propos, 1928, p. 805). Ainsi le cavalier a-t-il en main deux paires de rênes... Des rênes que le Moyen Âge, imitant en cela les Huns et les Mongols, ne manque pas de décorer (P. ROUSSEAU, Hist. transp., 1961, p. 82) :
4. ... l'église s'était corrompue en imitant le monde profane: elle avait pris les allures d'une administration impériale et les factions qui la déchiraient étaient bien plutôt exaltées par l'appétit du pouvoir que par des raisons religieuses.
SOREL, Réflex. violence, 1908, p. 127.
Imiter un exemple, un modèle. Dans notre métier, on reçoit souvent des lettres; il n'est point de chroniqueur qui n'ait communiqué au public quelque épître de ces correspondants inconnus. Je vais imiter cet exemple (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Lettre, 1885, p. 579) :
5. M. Lainé fut, depuis, mon maître. Si j'avais un jour une patrie à servir et une tribune à remplir, le souvenir de son patriotisme et de son éloquence poserait devant moi comme un modèle non à égaler jamais, mais à imiter de loin.
LAMART., Raphaël, 1849, p. 273.
Imiter un comportement, une action. Son invention fut bientôt copiée et imitée (BASSERMANN-JORDAN, Montres, horl. et pend., 1964, p. 168). L'initiative française a été imitée dans un assez grand nombre de pays (Traité sociol., 1968, p. 223).
2. Faire la même chose que quelqu'un mais sans chercher à copier son geste. Mlle Sergent tire sa montre; nous ne la quittons pas des yeux. Elle se lève; nous l'imitons si brusquement que des chaises tombent (COLETTE, Cl. à l'école, 1900, p. 214).
3. PSYCHOL. [Le suj. désigne souvent un être jeune] Copier presqu'instinctivement, consciemment ou non, quelqu'un de plus âgé, de plus averti, ou qui est envié. Le fils imite son père, l'apprenti son patron. Des enfants caractériels imitant le petit frère par jalousie ou la mère par désir de compensation (Jeux et sports, 1967, p. 125). V. imitation I B 2 :
6. Tout ce qu'on invente sur l'éducation est misérable, faute d'avoir réfléchi sur la difficulté de penser. On admire le parler de l'enfant, sorte de chant d'oiseau qui imite sans savoir, et qui imite aussi bien le vieux merle, si bien dressé, j'entends l'homme important qui interroge.
ALAIN, Propos, 1929, p. 826.
C. [Le suj. désigne un artiste, un créateur, un savant]
1. BEAUX-ARTS. [Le suj. désigne un peintre, un sculpteur] Reproduire à travers son art les apparences, les formes d'(objets réels pris pour modèles). Les ajustements des femmes, leurs aigrettes, leurs colliers, leurs éventails, les papillons de leurs coiffures, leurs robes à queues traînantes, sont imités d'après les insectes et les oiseaux les plus brillants (BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p. 329). Il [l'automate] est si parfaitement imité qu'il est comme tout le monde : on le prend vraiment pour un homme (GAULTIER, Bovarysme, 1902, p. 168).
Dans le domaine des arts et de la littérature. Imiter la nature. Imiter la nature [en art], ce n'est pas copier servilement un objet, c'est surprendre les procédés par lesquels elle le crée pour notre œil, et c'est faire comme elle (SÉAILLES, E. Carrière, 1911, p. 66). Pour tenter, sinon une rénovation du théâtre, du moins un effort personnel, j'ai pensé qu'il fallait revenir à la nature même, mais sans l'imiter à la manière des photographes (APOLL., Tirésias, 1918, p. 865).
P. méton. [Le suj. désigne l'objet créé, l'œuvre d'art, les sons émis] Musique imitant le bruit d'une source. La couleur cendrée imite la transparence nocturne, ou la pâle clarté qui tombe de la lune sur les villages endormis [toiles de Cazin] (HOURTICQ, Hist. art, Fr., 1914, p. 404).
2. [Le suj. désigne un savant, un écrivain, un artiste] Prendre pour modèle les méthodes, le style, la manière de. Synon. emprunter à (qqn), s'inspirer de (qqn). Imiter un chef d'école, un maître. En effet, Buffon, à l'aide de Daubenton, est le premier qui ait uni d'une manière continue l'anatomie à l'histoire naturelle. Pallas a suivi son exemple, mais il n'a point été imité par les naturalistes de l'école linnéenne (CUVIER, Anat. comp., t. 3, 1805, p. XX) :
7. Les grands classiques du XVIIe siècle ont été imités servilement pendant plus de cent ans. Victor Hugo l'était encore au début de ce siècle. Les maîtres du symbolisme, et aussi les Goncourt, le furent presque une dizaine d'années. Cette proportion décroissante est significative. On n'est imité que dans la mesure où les imitateurs se croient originaux en imitant.
THIBAUDET, Réflex. litt., 1936, p. 157.
P. méton. La coiffure des modèles et des maîtresses de peintres, apparaissant aux vernissages avec des bandeaux à la Vierge et des têtes imitant les têtes des tableaux primitifs (GONCOURT, Journal, 1892, p. 244). Quoique Elstir ait fait un beau portrait de moi (...). Cela imite les Régentes de l'hôpital de Hals (PROUST, Guermantes 2, 1921, p. 523).
Péj. Synon. de copier, plagier. Imiter servilement, platement, sans goût. Après avoir imité Delacroix, après avoir singé les coloristes, les dessinateurs français et l'école néo-chrétienne d'Owerbeck, M. Ary Scheffer s'est aperçu (...) qu'il n'était pas né peintre (BAUDEL., Salon, 1846, p. 170). Les musiciens français qui admirèrent le maître de Bayreuth (...) surent pour la plupart assimiler ses théories sans imiter servilement son style (DUMESNIL, Hist. théâtre lyr., 1953, p. 187).
Emploi abs. On imita, traduisit, compila, et de nouveau on compila, traduisit, imita (QUINET, All. et Ital., 1836, p. 91).
Emploi pronom. passif. Un poème surréaliste s'imite plus aisément qu'un sonnet (PAULHAN, Fleurs Tarbes, 1941, p. 145) :
8. La délicatesse et la finesse sont seules les véritables indices du talent. Tout s'imite, la force, la gravité, la véhémence, la légèreté même; mais la finesse et la délicatesse ne peuvent être longtemps contrefaites. Sans elles, un style sain n'annonce rien qu'un esprit droit.
JOUBERT, Pensées, t. 2, 1824, p. 76.
Emploi pronom. réfl. :
9. Il est essentiel pour l'artiste qu'il sache s'imiter soi-même. C'est le seul moyen de bâtir une œuvre, qui est nécessairement une entreprise contre la mobilité, l'inconstance de l'esprit, de la vigueur, et de l'humeur.
VALÉRY, Tel quel II, 1943, p. 69.
D. Tenter de reproduire (un document, un titre de paiement) dans l'intention de faire passer la copie pour authentique. Synon. contrefaire, falsifier. Imiter un document, un acte; imiter des billets de banque. Imagine que papa s'est avisé d'imiter ma signature. Ce qu'on appelle un faux (DUHAMEL, Désert Bièvres, 1937, p. 254).
II. [Le suj. désigne une chose] Produire le même effet que. Synon. rappeler, ressembler à. Çà et là, des talus à pic imitent la forme des montagnes, et des filets d'eau gros comme le pouce parodient les torrents (HUGO, Rhin, 1842, p. 382) :
10. Le nervosisme est un pasticheur de génie. Il n'y a pas de maladie qu'il ne contrefasse à merveille. Il imite à s'y méprendre la dilatation des dyspeptiques, les nausées de la grossesse, l'arythmie du cardiaque, la fébricité du tuberculeux. Capable de tromper le médecin, comment ne tromperait-il pas le malade?
PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 305.
[Gén., le suj. désigne un article destiné à prendre la place d'une matière ou d'un objet plus riche] Depuis quelques années, le tissage des articles imitant la fourrure s'est beaucoup développé (THIÉBAUT, Fabric. tissus, 1961, p. 110). Les chaises en (...) bois imitant le bambou (VIAUX, Meuble Fr., 1962, p. 171). Strass. Inventé par Strasser de Vienne pour imiter le diamant et diverses pierres précieuses (C. DUVAL, Verre, 1966, p. 86).
REM. Imité, -ée, part. passé adj. [Correspond à imiter I A 2, 3] Simulé, factice. Marbre imité. Angélo était si fatigué qu'il n'y fit pas attention [au charme d'une jeune dame dans la diligence]. La politesse froide qui semblait imitée et pouvait passer pour de l'insolence (GIONO, Bonh. fou, 1957, p. 77).
Prononc. et Orth. : [imite], (il) imite [imit]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1493 « chercher à reproduire ce que fait qqn, de manière à suivre son exemple » (O. DE SAINT-GELAIS, Euraclius et Lucrèce, fol. 65 vo ds GDF. Compl.); 2. 1549 « prendre pour modèle l'œuvre de qqn (domaine littér., artistique) » (J. DU BELLAY, Illustr. I, 8, éd. H. Chamard, p. 46); 3. 1674 B.-A. « reproduire par les moyens de l'art l'aspect sensible de la réalité » (BOILEAU, Art poét., III, éd. A. Adam et F. Escal, p. 169 : Il n'est point de Serpent ni de Monstre odieux, Qui, par l'art imité ne puisse plaire aux yeux); 4. 1690 (FUR. : le perroquet imite la voix de l'homme); 5. 1789 arts mét. « contrefaire une substance, une marchandise » (Encyclop. méthod., Arts mét. mécan. t. 6, p. 347 : Pierres précieuses. Art de les imiter). Empr. au lat. imitari « reproduire par imitation; être semblable à; exprimer, représenter (d'une peinture, par ex.); simuler », spéc. en lat. chrét. « reproduire par imitation des exemples de vertu, reproduire un modèle idéal » (VIIe s. v. D.B. BOTTE ds ALMA t. 16, pp. 149-154). Fréq. abs. littér. : 2 737. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 4 544, b) 3 556; XXe s. : a) 3 541, b) 3 726.
IMITATEUR, -TRICE, adj. et subst.
A. [Correspond à imiter I A 2] (Celui, celle) qui imite le comportement, les gestes, les paroles d'autrui. C'est étonnant, le merveilleux imitateur qu'est Léon, imitateur de la mimique, imitateur de la parole et même imitateur de la forme de la pensée; mais ce qu'il y a de curieux, c'est que son étude des gens est tout extérieure et pas le moins du monde morale (GONCOURT, Journal, 1893, p. 437).
SPECTACLES. Artiste de music-hall qui imite en les caricaturant des personnalités connues, des instruments de musique ou divers bruits. Synon. mime, parodiste, pasticheur.
B. 1. [Correspond à imiter I B 1] Qui adopte les coutumes, le langage de quelqu'un. Les étrangers, imitateurs des Français (STAËL, Allemagne, t. 1, 1810, p. 149). Les Russes sont tellement imitateurs que toutes les maladies de la civilisation se répercutent chez eux (BALZAC, Cous. Pons, 1847, p. 326) :
On objectera peut-être que le latin de Bembo est très différent du latin de Saint-Thomas, lequel est très différent de celui de Cicéron : mais il s'agit là, non d'une évolution naturelle et spontanée, mais de modifications faites sciemment par voie d'emprunts; tantôt ce sont des emprunts matériels (reproduction pure et simple de mots et de calques tirés de la langue maternelle de l'imitateur); on traduit en latin des mots et des tours de la langue maternelle.
BALLY, Lang. et vie, 1952, p. 108.
2. [Correspond à imiter I B 3] (Celui, celle) qui prend quelqu'un pour exemple et le copie consciemment ou non. C'est le film qui modèle les attitudes morales ou sentimentales des imitatrices conscientes ou non de Marlène Dietrich ou de Greta Garbo. Pratiquement, ce mimétisme ne constitue pas un progrès, parce que les professionnels de nos studios ne possèdent pas toujours les qualités rares qu'exigerait une telle mission (Arts et litt., 1935, p. 78-6).
C. BEAUX-ARTS, LITT. [Correspond à imiter I C 2; en parlant d'un artiste ou d'une œuvre] (Celui, celle) qui s'inspire d'un autre écrivain ou peintre. On peut dire de Rubens, de Raphaël, qu'ils ont beaucoup imité et l'on ne peut sans injure les qualifier d'imitateurs (DELACROIX, Journal, 1859, p. 223). Les froids imitateurs de la forme grecque (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 182). Tous les trucs (...) que les savants ont inventés (...) pour faire comme les autres, serviles imitateurs, singes imitateurs, sots imitateurs (PÉGUY, V.-M., comte Hugo, 1910, p. 814). Vingt mille ouvrages (...) qui transformèrent l'art de peindre en une sorte de science exacte et firent naître des milliers d'imitateurs et de plagiaires d'une incroyable habileté (FAURE, Hist. art, 1912, p.185).
[En parlant d'une chose abstr.] Les images nouvelles sont devenues des clichés. Il faut très longtemps pour que l'œuvre ainsi tuée par une sorte d'envoûtement renaisse à la vie littéraire; il faut que toute la littérature intermédiaire et imitatrice disparaisse dans l'oubli; alors l'œuvre primitive, lavée et réhabilitée, s'offre à nouveau dans sa grâce première (GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p. 297).
Prononc. et Orth. : [], fém. [-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1422 (A. CHARTIER, Quadrilogue invectif, éd. E. Droz, prol., p. 1, 6 : Alayn Chartier... lointaing immitateur des orateurs); 2. 1508-17 ymitateurs de leurs meurs (FOSSETIER, Cron. Marg., ms. Bruxelles 10509, fol. 98 ro ds GDF. Compl.). B. 1530 imitatrice (G. DU GUEZ, Gramm. publ. à la suite de PALSGR., p. 894 : ja soit que art soit imitatrice de nature). Empr. au lat. imitator, imitatrix « celui, celle qui imite ». Fréq. abs. littér. : 195.
IMITATION, subst. fém.
, subst. fém.
I. Action d'imiter (v. ce mot I) et résultat de cette action.
A. 1. [Correspond à imiter I A 1, 3] Action d'imiter (un bruit, un comportement, une personne ou bien un animal en essayant de reproduire les attitudes, les façons de s'exprimer); résultat de cette action. Synon. mime, reproduction, simulacre, simulation. Imitation des aboiements du chien; imitation des gestes, des intonations, des propos, des manières, des tics de qqn. « Son changement de front, ça été fait avec ça... » Et une main faisait l'imitation d'un pouce et d'un index qui comptent de l'argent (GONCOURT, Journal, 1873, p. 947). Ils prononçaient « minionne », avec une affreuse grimace tordue, suivie d'une imitation de nausée (COLETTE, Sido, 1929, p. 154) :
1. ... on lui disait : « C'est singulier, vous pensez là-dessus comme M. Schmidt », ou : « Tiens! vous vous êtes fait faire un pantalon semblable à celui de M. Schmidt. Vous vous coiffez comme M. Schmidt. Vous ressemblez prodigieusement à M. Schmidt. Vous jurez comme M. Schmidt. » C'est en vain que Stephen changeait ses habits à mesure que Schmidt les imitait; et, d'ailleurs, il ne pouvait changer ses opinions aussi facilement. Un jour, Stephen lui avait dit : « Je ne connais rien de bête et de creux comme l'imitation et le plagiat. » Schmidt n'avait pas vu là un reproche; il n'avait vu qu'une idée dont il pouvait faire son profit. Quelques jours après, dans un salon, Schmidt lui dit tout haut : « Dites-moi, Stephen, connaissez-vous rien d'aussi bête et d'aussi creux que l'imitation... »
KARR, Sous tilleuls, 1832, p. 275.
2. En partic. [Correspond à imiter I A 2; en parlant de qqn] Parodie qui va jusqu'à la caricature :
2. ... il se lança dans des imitations, d'ailleurs exquises de finesse et d'observation maligne (...) de M. de La Hourmerie, dont il singea jusqu'à la perfection la solennité pleine de tics.
COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, 4e tabl., II, p. 139.
Faire des imitations, l'imitation de qqn. Daudet nous faisait l'imitation drolatique d'un oncle, ancien militaire (GONCOURT, Journal, 1894, p.615) :
3. Pour prendre comme exemple l'exercice qu'on appelle, dans une autre acception du mot imitation, « faire des imitations » (ce qui se disait chez les Guermantes « faire des charges »)...
PROUST, Guermantes 2, 1921, p. 461.
SPECTACLES. Action de reproduire dans leurs particularités, et souvent jusqu'à la caricature, le jeu de physionomie, la voix d'un personnage connu, d'imiter divers bruits ou instruments de musique. Synon. parodie. Thierry Le Luron (...) peaufine au scalpel quelque 63 imitations au théâtre Marigny (...). Irrévérencieux, insolent, il croque, il caricature (Elle, 5 nov. 1979, p. 14).
B. 1. [Correspond à imiter I B I] Le fait de s'inspirer intellectuellement, moralement ou socialement de quelqu'un. Imitation d'un maître, d'un parent :
4. ...dans les pays protestants, de petites sectes exaltées jouent le rôle des monastères. Ce sont ces champs de bataille qui permettent à la morale chrétienne de se maintenir (...) et lui donne assez de lustre pour entraîner dans la société quelques pâles imitations.
SOREL, Réflex. violence, 1908, p. 320.
Loc. À l'imitation de. À la façon de. Membre d'un ordre institué par l'apôtre saint Paul lui-même, qui se prévalut du titre de citoyen romain, je me flattais de me conduire, à son imitation, en bon citoyen français (A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p. 159).
Proposer qqc. à l'imitation de qqn. Le lui proposer en exemple. Des exemplaires de sentiments que certains écrivains de notre époque proposent à l'imitation des tout jeunes gens (BOURGET, Essais psychol., 1883, p. XIV).
Imitation de Jésus-Christ (ouvrage anonyme de piété, du XVe s.). J'observais à la lettre ce précepte de l'Imitation de Jésus-Christ (...). Fuis avec un grand soin la pratique des femmes (A. FRANCE, Livre ami, 1885, p. 172).
2. En partic. [Correspond à imiter I B 3; en parlant des enfants, des individus dans la société, d'une collectivité] Tendance à reproduire, consciemment ou non, les gestes, les actes de l'entourage. Synon. mimétisme. Esprit, instinct d'imitation; imitation instinctive, volontaire. Quand elles [les compagnies] défilaient dans les rues de Paris, un murmure d'admiration s'élevait le long du chemin et leur formait une sorte de cortège. Adoptaient-elles un insigne, un ornement, à l'instant même une épidémie d'imitation se déclarait sur les deux rives de la Seine; toutes les légions faisaient acte de plagiat (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 175). Mais elle n'en savait guère plus qu'une fillette élevée en un couvent, ses audaces de parole venant de sa mémoire, de cette faculté d'imitation et d'assimilation qu'ont les femmes, et non d'une pensée instruite et devenue hardie (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Yvette, 1884, p. 523) :
5. Nous n'avons encore regardé la présence d'autrui que lorsqu'elle stimule ou inhibe une activité constituée en dehors d'elle. Dans les deux formes élémentaires de la communication : la contagion affective involontaire et l'imitation consciente, elle ne se limite plus à une simple intervention auxiliaire ou perturbatrice, elle suscite proprement une image d'elle-même.
MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 498.
Jeux d'imitation. Jeux éducatifs basés sur l'imitation. Des jeux collectifs d'imitation des bambins de la maternelle à ceux que pratiquent les enfants de onze à douze ans, on peut encore distinguer trois niveaux. D'abord des jeux où la réalisation reste individuelle, mais à l'intérieur du groupe : on joue par exemple à « faire » la poule (...). À ces jeux succèdent les imitations faites par un groupe pris dans son ensemble : par exemple, on fera un train, ou on jouera au battage, à l'alambic, etc. (Jeux et sports, 1967, p. 111).
C. [Correspond à imiter I C]
1. BEAUX-ARTS. [Correspond à imiter I C 1] Reproduction des apparences, des formes réelles de ce que l'art prend pour modèle dans la nature. Dans tous leurs tableaux [des peintres Flamands] on ne trouve qu'une imitation froide, étriquée (TAINE, Philos. art, t. 2, 1865, p. 32). Qu'est-ce que l'imitation? C'est une copie fidèle, et rien de plus. Si les arts du dessin n'avaient d'autre objet que de copier la nature, (...) ils seraient un pléonasme (Ch. BLANC, Gramm. arts dessin, 1876, p. 17).
Théorie, concept de l'imitation :
6. Le concept d'imitation (...) est la base des esthétiques qui se construisent alors : Aristote se fonde sur lui, et Platon le respecte jusqu'à en faire une loi de l'art, bien que sa philosophie même exige qu'on cherche ailleurs l'essence de la beauté.
HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 66.
Arts d'imitation (vx). On donne particulièrement le nom d'arts d'imitation à la peinture et à la sculpture; les autres arts, comme la musique, la poésie, n'imitent pas la nature directement, quoique leur but soit de frapper l'imagination par des sentiments (DELACROIX, Journal, 1857, p. 57).
2. BEAUX-ARTS, LITT. [Correspond à imiter I C 2]
a) Fait de prendre pour modèle le style, la manière, les œuvres d'un autre écrivain et de s'en inspirer plus ou moins étroitement. Synon. copie. La traduction conserve, mais l'imitation détruit (VIGNY, Journal poète, 1838, p. 1099). L'imitation est le vertige des esprits souples et brillants, et souvent même une preuve de supériorité (BAUDEL., Salon, 1859, p. 263). L'imitation est destructive du talent; on perd ce qu'on a de génie en voulant prendre celui d'un autre (BUSSY, Art dram., 1866, p. 23) :
7. La tapisserie, on peut le déclarer à la stupéfaction de bon nombre de gens, la tapisserie est un art perdu. Ce n'est plus qu'une laborieuse imitation terne et noire de la peinture, un produit quelque peu supérieur aux contrefaçons en toile peinte d'anciennes tapisseries.
GONCOURT, Journal, 1874, p. 994.
P. ext. ,,Cela est au-dessus de toute imitation, se dit d'une chose qu'il est impossible de bien imiter`` (Ac. 1935).
Loc. À l'imitation de qqc. La place où sont plantées, à l'imitation des cirques antiques, deux bornes de marbre (A. FRANCE, Lys rouge, 1894, p. 118).
b) P. méton. Œuvre inspirée d'une autre œuvre, souvent de manière assez libre pour être plaisante ou pour rester personnelle. Il faut lire cet original pour mieux admirer la richesse de la copie, mieux sentir (...) l'originalité de l'imitation (A. FRANCE, Rabelais, 1909, p. 62). Car les joies dont nous souffrions que ma grand'mère fût écartée, c'étaient les joies les plus simples de la vie, une nouvelle, une pièce, moins que cela, une « imitation », qui l'eussent amusée (PROUST, Fugit., 1922, p. 660). La Prisonnière (...) a un si vif succès qu'elle donne naissance à des imitations américaines (MORAND, New-York, 1930, p.175).
Imitation plate, servile. Œuvre sans originalité. Synon. plagiat. Cette vaste église qui n'est qu'une triste et froide imitation des cathédrales européennes (GREEN, Journal, 1942, p. 205).
3. MUS. Répétition par une partie d'un motif d'un thème musical énoncé par une autre partie. Quand cette reproduction [la reproduction du dessin mélodique par imitation dans une autre partie] est absolument exacte, quand (...) [tous les intervalles] de la partie modèle sont représentés dans la partie imitante par des espaces [intervalles] identiquement semblables, (...) l'imitation est dite régulière ou canonique (LAVIGNAC, Mus. et musiciens, 1895, p. 378). L'Hosanna se prête bien à de souples vocalises, et même au style fugué. Mais généralement, on y abuse des répétitions, et les développements sont interminables. Ne parlons pas de ces pauvres imitations canoniques (POTIRON, Mus. église, 1945, p. 107).
4. LING., rare. ,,Figure de construction consistant à imiter le tour d'une autre langue, ou un tour inusité`` (PHÉL. Ling. 1976). Latinisme, hébraïsme, marotisme (...) sont des imitations (PHÉL. Ling. 1976).
5. SC. EXP. Synon. anc. de simulation. J'ai parlé précédemment des sphères pulsantes de Bjerknes et de l'imitation par ces sphères des phénomènes électrostatiques (H. POINCARÉ, Électr. et opt., 1901, p. 613). On pourra d'ailleurs pousser assez loin l'imitation du vivant par l'inorganisé. Non seulement la chimie opère des synthèses organiques, mais on arrive à reproduire artificiellement le dessin extérieur de certains faits d'organisation, tels que la division indirecte de la cellule et la circulation protoplasmique (BERGSON, Évol. créatr., 1907, p. 33).
D. [Correspond à imiter I D] Reproduction de quelque chose dont on veut faire passer la copie pour vraie. Synon. contrefaçon, copie, falsification. Imitation d'une écriture, d'un billet de banque :
8. ... contrefaçon, altération d'écritures ou de signatures. La contrefaçon suppose la falsification de l'écriture de l'acte tout entier, alors que l'altération ne le falsifie qu'en partie; mais l'imitation de la signature n'est pas nécessaire.
RÉAU-ROND. 1951.
II. [Correspond à imiter II] Matière qui imite une matière plus riche, ou objet qui en imite un autre, ancien ou de valeur. Un bronze, un diamant d'imitation; un objet en imitation d'ivoire. Enfin, la fabrique s'essaye aux trompe-l'œil, aux imitations de statuettes de Saxe (G. FONTAINE, Céram. fr., 1965, p. 98). Le canapé du salon est une imitation de l'ancien (DAVAU-COHEN 1972). Imitations de Saxe. Porcelaines qui imitent la porcelaine de Saxe.
En imitation. En matière imitée. Synon. en toc (fam.). Un diamant, des bijoux en imitation (d'apr. ROB.).
P. ext., rare. Tout objet qui en imite un autre. C'était dans un précieux musée d'imitations anatomiques. Cette tête, merveilleusement reproduite et grossie énormément, jusqu'à rappeler celle du tigre et du jaguar, offrait dans sa forme horrible une chose plus horrible encore (MICHELET, Oiseau, 1856, p. 100).
En appos., fam. Sur la nappe d'un blanc glacé, les verres et l'argenterie-imitation resplendissent (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p. 19). Son mantelet en Chantilly imitation, sur des épaules en bouteille à vin du Rhin (COLETTE, Képi, 1943, p. 163).
Au fig. [En parlant d'abstractions] ,,Substitut insatisfaisant de quelque chose. Le succès, imitation frelatée de la gloire`` (ROB.). Synon. pâle image, reflet.
Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. [Ca 1236 « action de prendre quelqu'un pour modèle » (G. DE COINCI, Mir. 11 ds FEW t. 4, p. 570a)]; 1364 (Mir. ND par personnages, éd. G. Paris et U. Robert, III, 307); 1488 (Cy comance le livre tres-salutaire, la Ymitation Jhesu Christ... Tholose, H. Mayer Alaman, 28 may 1488 d'apr. L. Hain, Repertorium bibliographicum, no 9120); 1549 spéc. domaine littér. (DU BELLAY, Deffence et illustration, II, III, éd. H. Chamard, p. 103); 2. av. 1711 B.-A. « reproduction des aspects sensibles de la nature par les moyens de l'art » (Corresp. entre Boileau et Brossette, p. 537 ds BOILEAU, Œuvres, éd. A. Adam et F. Escal, III, p. 996, note 1); cf. 1763 (J.-J. ROUSSEAU, Emile, IV, éd. B. Gagnebin et M. Raymond, p. 672); id. « œuvre imitée de la nature » (ID., op. cit., p. 397); 1857 arts d'imitation (DELACROIX, supra); 3. 1845 « contrefaçon, fabrication illicite » (BESCH.); 1861 (LABICHE, Poudre aux yeux, I, VI, t. 2, p. 323: elle [une chaîne dorée] est en imitation). Empr. au lat. imitatio « imitation, copie; faculté d'imitation », spéc. en lat. médiév. « imitation de modèles, d'exemples de vertu » (VIIe s., B. BOTTE ds ALMA t. 16, pp. 149-154), cf. l'Imitatio Christi, petit traité spirituel du XVe s., se rattachant à la même accept. et dont l'auteur est peut-être Thomas Hemerken a Kempis (ca 1380-1471 : 1re trad. fr. sous le titre de Internelle Consolation en 1447). Fréq. abs. littér. : 1 442. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 2 182, b) 1 571; XXe s. : a) 1 986, b) 2 233.
IMITATIF, -IVE, adj.
A. [Correspond à imiter I A 1]
1. [En parlant d'un comportement, d'un geste] Qui imite. Il n'y a guère de cérémonies où quelque geste imitatif ne nous soit signalé (DURKHEIM, Formes élém. vie relig., 1912, p. 504). Magie imitative et contagieuse. L'une de ces notions très répandues est la conviction qu'on peut parvenir à ses fins en imitant l'événement souhaité (LOWIE, Anthropol. cult., 1936, p. 325).
2. [En parlant d'un objet concret] Rare. Les brachmanes de l'Inde exprimaient la même idée cosmogonique par une statue imitative du monde (DUPUIS, Orig. cultes, 1796, p. 82).
3. Qui suscite l'imitation. Léonide rit plus fort. La colère est imitative, comme toutes les excitations nerveuses. Attaqué avec l'arme du rire, Maurice rit aussi (GOZLAN, Notaire, 1836, p. 165).
4. [En parlant d'un animé] Vx. Qui a la faculté, l'habitude d'imiter. Le singe est un animal imitatif (LITTRÉ). Synon. imitateur.
B. [Correspond à imiter I B 3; en parlant d'un comportement] Qui imite consciemment ou non quelqu'un d'exemplaire par son savoir, sa force, son âge. Les Kamtschadales ont l'esprit imitatif, ils adoptent presque tous les usages de leurs vainqueurs (Voy. La Pérouse, t. 3, 1797, p. 147). Il y entre une grande part de manie imitative [dans la passion linguistique] (LARBAUD, Vice impuni, 1941, p. 10).
[P. allus. aux jeux d'imitation] :
1. Par exemple, dans le jeu de l'épervier pratiqué dans le sud-ouest de la France, les enfants doivent passer d'une extrémité de la cour à l'autre sans se faire prendre par celui qui « fait » l'épervier et qui évolue au centre de la cour. Mais, malgré ses origines imitatives évidentes, ce jeu n'est plus qu'un jeu traditionnel réglé. Nos enfants ne pensent point qu'ils « font » des passereaux poursuivis par un rapace...
Jeux et sports, 1967, p. 85.
C. BEAUX-ARTS. [Correspond à imiter I C 1] Qui cherche à imiter la nature. La peinture n'est pas plus une représentation de la vie que ne l'est la musique, même quand, par une hérésie foncière, elle se prétend « imitative » (MAUCLAIR, De Watteau à Whistler, 1905, p. 77). [L'impressionnisme] récupère, lui aussi, cette vertu positive, agissante, cette volonté de création qu'ignore le réalisme stérilement imitatif, donc négatif, où se complaisent les publics abâtardis (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 142).
MUS. M. Pector venait de lancer les premières notes du Duel, qui est un morceau imitatif du temps du Directoire. Au début on entendait une sorte de querelle entre deux individus. Le basson, avec sa voix grave, semblait une sorte de personnage grave qui a été insulté dans un endroit public par un être d'un caractère léger et pointu, représenté par la petite flûte (CHAMPFL. Bourgeois Molinch., 1855, p. 53). Il n'est même pas rare que la musique décrive par le bruit imitatif (ALAIN, Beaux-arts, 1920, p. 132). [La musique] cherchera à reproduire les bruits naturels et deviendra ainsi une musique imitative ou descriptive (LA LAURENCIE, Éc. fr. violon, 1924, p. 189).
Harmonie imitative. Le critique [A.B. Marx] prête (...) à Beethoven, non plus seulement un programme spirituel, mais un parti pris de recherche descriptive, voire d'harmonie imitative (le grincement des archets!) [dans son quatuor op. 132] (MARLIAVE, Quat. Beethoven, 1925, p. 363). L'idée d'un concert et d'une harmonie imitative, qu'il [le chanteur] puise dans le chant des oiseaux! (LA HÊTRAIE, Chasse, vén., fauconn., 1945, p. 147).
Emploi subst. neutre :
2. ... tout a contribué à altérer le titre des termes d'abord représentatifs, à les faire passer insensiblement, et par un effet même de l'habitude, du propre au figuré, du sensible à l'abstrait, de l'imitatif à l'arbitraire...
MAINE DE BIRAN, Influence habit., 1803, p. 144.
LING. (Expression, mot, vocable) imitatif/ive. Qui reproduit les impressions auditives de la réalité. La dent se casse, le crac! de l'enfant associe l'idée de cette cassure au bruit imitatif; ce bruit figure seul dans la parole (BALLY, Lang. et vie, 1952, p. 83). Quand le langage est imitatif, on l'appelle onomatopée, sans beaucoup songer à détacher celui qui reste interjection (cocorico! pif, paf, pouf!) de celui qui change de nature (un cocorico assourdi, le glouglou du flacon) (J. POHL, Six esquisses ds Fr. mod. t. 35, 1967, pp. 13-14).
Prononc. et Orth. : [imitatif], fém. [-i:v]. Att. ds Ac. dep. 1978. Étymol. et Hist. 1466 « qui imite » (P. MICHAUD, Doctrinal, éd. Th. Walton, XXXIV, 220); 1761 (J.-J. ROUSSEAU, Nouv. Héloïse, 1re part., lettre XLVIII, éd. B. Gagnebin et M. Raymond, p. 132 : ... l'harmonie... n'est qu'un accessoire éloigné de la musique imitative; il n'y a dans l'harmonie proprement dite aucun principe d'imitation); 1771 harmonie imitative (Trév. : l'harmonie imitative est une convenance, une proportion que le son des mots doit avoir avec les pensées pour contenter l'âme. Racine [texte non identifié]). Empr. au b. lat. imitativus « qui reproduit, imite; qu'on fait par imitation ». Fréq. abs. littér. : 55.