le genre de l'élégie
Le genre de l’élégie
Quelques définitions et articles
PIERRE RICHELET
ÉLÉGIE
Élégie, s. f. Poëme propre à représenter des choses tristes, ou amoureuses. Elle doit être aisée & tendre. [Tibulle a fait de belles élégies Latines, & la Comtesse de la Suze nous en a laissé de fort touchantes en François.]
PIERRE RICHELET
ÉLÉGIAQUE
Élégiaque, adj. Ce mot se dit en parlant des vers des élégies Latines. Qui est d'élégie. [Vers élégiaque.]
ANTOINE FURETIÈRE
ÉLEGIE. s. f. Espece de Poësie qui s'employe dans les sujets tristes & plaintifs. Les amans font des Élegies pour se plaindre de leurs maistresses. Les Élegies Françoises se font de vers Alexandrins & en rime platte.
ANTOINE FURETIÈRE
ÉLEGIAQUE. adj. Terme poëtique. Qui appartient à l'Élegie. Les vers élegiaques sont alternativement hexametres & pentametres en Latin. Quintilien estime Tibulle pour le premier des Poëtes Élegiaques ; mais le jeune Pline donne l'avantage à Properce.
ACADÉMIE 1762
ÉLÉGIE. s. f. Espèce de Poësie qui s'emploie dans les sujets tristes & plaintifs, principalement dans ce qui regarde l'amour. Composer une Élégie. Élégie plaintive. Élégie tendre. L'Élégie Françoise est ordinairement en vers Alexandrins.
ACADÉMIE 1762
ÉLÉGIAQUE. adj. Qui appartient à l'Élégie. Vers élégiaques.
Il se dit principalement des vers Latins ou Grecs. Tibulle, Ovide & Properce sont les plus connus des Poëtes Élégiaques.
TRÉVOUX 1743-1752
ÉLÉGIE, s. f. Espèce de Poësie qui s'emploie dans les sujets tristes & plaintifs. Elegia, Elegeia. Horace avoue qu'il ne sait point quel est l'inventeur de l'Elégie. On dit que ce fut un certain Théocles de Naxi, ou, selon d'autres, d'Eretrie, qui dans ses fureurs produisit le premier cette espèce de vers. Voyez Scaliger, Poët. L. I. c. 50. Callimaque, Parthenius, Euphorion chez les Grecs ; & chez les Latins, Ovide, Catulle, Tibulle & Properce, sont les Princes de l'Elégie. Les Flamands se sont distingués de nos jours dans ce genre de vers Latins ; & les Elégies de Biderman, de Grotius, mais sur-tout de Sedronius & de Vallius, ne seroient point indignes de la meilleure antiquité. Nous avons aussi d'excellentes Elégies dans notre langue ; la Comtesse de la Suze s'est distinguée entre tous ceux qui ont travaillé dans ce genre de Poësie. Les Amans font des Elégies lugubres pour se plaindre de leurs Maîtresses. Pasquier a fait une Elégie Françoise en vers hexamètres & pentamètres. Les Elégies Françoises se font en vers Alexandrins, & on n'y souffre point l'entrelacement des rimes, c'est-à-dire, qu'il faut que les rimes masculines & féminines y soient rangées deux à deux, sans s'entrelacer les unes avec les autres. L'invention du mot François d'Elégie est dûe à Lazare de Baïf dans le dernier siècle. Je me suis tellement brouillé avec les Dames, que je ne sache point d'Elégie assez lamentable pour les fléchir. Sar. L'amour qui s'explique sans art, touche plus que les traits ingénieux d'une Elégie, où l'esprit a souvent plus de part que le coeur. La Font.
La plantive Elégie, en longs habits de deuil,
Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil :
Elle peint des amans la joie & la tristesse :
Flatte, menace, irrite, appaise une Maîtresse. Boil.
Il faut que le coeur seul parle dans l'Elégie. Id.
TRÉVOUX 1743-1752
ÉLÉGIAQUE, adj. Terme de la Poësie Latine. Qui appartient à l'Elégie. Elegiacus. Les vers élégiaques, Elegi, sont alternativement hexamètres & pentamètres. Quintilien estime Tibulle pour le premier des Poëtes Elégiaques ; mais le jeune Pline donne l'avantage à Properce. Ils ont raison l'un & l'autre en un sens différent, & l'on pourroit trouver encore un troisième sentiment qui seroit véritable. Elégiaque se met quelquefois seul au pluriel, & on dit des Elégiaques, pour des vers élégiaques.
ÉMILE LITTRÉ
ÉLÉGIE (é-lé-jie), s. f.
1° Chez les Grecs et les Latins, pièce de vers dont le caractère essentiel fut d'être composée d'hexamètres et de pentamètres.
2° Aujourd'hui, petit poëme dont le sujet est triste ou tendre. Composer une élégie. La plaintive élégie en longs habits de deuil Sait les cheveux épars gémir sur un cercueil ; Elle plaint des amants la joie et la tristesse, Flatte, menace, irrite, apaise une maîtresse ; Mais, pour bien expliquer ses caprices heureux, C'est peu d'être poëte, il faut être amoureux, BOILEAU Art poét. II. Mais la tendre élégie et sa grâce touchante M'ont séduit ; l'élégie à la voix gémissante, Au ris mêlé de pleurs, aux longs cheveux épars, Belle, levant au ciel ses humides regards, A. CHÉNIER, Élég. 32.
3° Terme de musique ancienne. Sorte de nome pour les flûtes.
4° Terme de botanique. Plante du Cap (elegia).
HISTORIQUE.
XVIe s. Mais d'avantage, Lazare de Baïf a donné à nostre langue le nom d'epigrammes et d'elegies, aveq ce beau nom composé aigre-doux, à fin qu'on n'attribue l'honneur de ces choses à quelqu'autre, DU BELLAY, I, 39, verso. Nous contasmes nos adventures à Pantagruel, qui en fit quelques elegies par passe temps, RAB. Pant. V, 17.
ÉTYMOLOGIE.
Elegeia, de elegos, plainte, gémissement.
ÉMILE LITTRÉ
ÉLÉGIAQUE (é-lé-ji-a-k'), adj.
1° Qui appartient à l'élégie. Le genre élégiaque. Poëte élégiaque, poëte qui a composé des élégies.
2° Vers élégiaques, c'étaient, chez les anciens, des vers hexamètres et pentamètres disposés alternativement.
3° Chez nous c'est toujours dans le sens de mélancolique que ce mot est pris, à moins qu'il ne s'agisse des anciens. Des vers élégiaques.
Par ironie ou par moquerie, mélancolique, qui cherche à se faire plaindre. Annoncez-moi un peu de bonheur, dit-il avec un accent élégiaque, j'en ai besoin, CH. DE BERNARD, un Homme sérieux, § XVIII.
4° S. m. Un élégiaque, un poëte élégiaque.
ÉTYMOLOGIE.
Élégie.
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